Interviews de professeurs

Plateforme pédagogique collaborative : page d’accueil

 

Nombreux sont les professeurs fortement engagés dans le festival. Leur présence nous est précieuse et nous leur donnons ici la parole.


Interview de Mme Sophie Le Goïc, professeure de Français au lycée Marguerite de Navarre (Alençon) :

Depuis combien de temps travaillez-vous avec le festival ?
Mon amie Dominique Chappée, à l’origine du partenariat noué entre le lycée Marguerite de Navarre et le festival Les Boréales, m’a dès mon arrivée en 2008 intégrée au pilotage des actions pédagogiques. Depuis la rentrée 2014, je poursuis ces journées caennaises avec mes collègues de diverses disciplines.

 Les élèves sont-ils familiers avec la culture nordique ?
Cela dépend des classes (littéraires ou autres) et surtout des niveaux : les élèves de terminale réinvestissent l’expérience de l’année précédente. Par ailleurs, les élèves suivant un enseignement artistique sont sensibilisés à la culture nordique en dehors du festival. Enfin, depuis quelques années, une minorité d’élèves bénéficie d’une ouverture culturelle aux pays scandinaves (voyages en famille). N’oublions pas non plus notre liberté pédagogique qui nous permet d’étudier des œuvres littéraires nordiques sans rapport avec l’actualité du festival… Au fil des années, les professeurs eux-mêmes sont devenus familiers de cette culture !

Quel est l’accueil des lycéens envers les auteurs invités ?
Il est toujours extrêmement positif. Les œuvres littéraires sont lues en autonomie puis reprises en classe par le biais d’activités variées. Nous intégrons toutes ces séances de travail approfondi au descriptif annuel présenté aux examinateurs du baccalauréat. Le dernier auteur rencontré a été Jón Kalman Stefánsson en novembre 2013 : les deux classes de 1e L ainsi qu’une classe de 1e ES avaient bien sûr préparé leurs questions destinées à l’auteur mais ils lui avaient également fait la surprise d’une exposition foisonnante rendant compte par le détour artistique et/ou littéraire de leur réception de l’œuvre étudiée, Entre ciel et terre.

Pensez-vous que les rencontres, dans le cadre des Boréales, changent leurs rapports à la littérature nordique et à la littérature en général ?
Ces rencontres transcendent l’assimilation de la littérature à une culture scolaire et rendent les élèves véritablement acteurs de leur lecture, fondée dans ce cadre sur l’échange. Très souvent, le livre « imposé » s’inscrit dans une lignée d’autres librement choisis ; le CDI de notre lycée est d’ailleurs fourni en littérature nordique. Lors de ces rencontres, le nom inscrit en première de couverture devient chair, l’auteur devient réellement citoyen du monde, l’épaisseur humaine de l’écrit croise l’anecdote verbalisée et la littérature prend alors toute sa dimension existentielle.

Savez-vous si les élèves participent aux Boréales au-delà de ce qui se passe au lycée ?
Nous avons l’immense plaisir chaque année de retrouver nos lycéens devenus étudiants caennais lors  des nombreuses manifestations. La plateforme artistique que constitue le festival est particulièrement investie par les lycéens de Marguerite de Navarre anciens et actuels et c’est notre plus grande fierté de constater un véritable prolongement autonome de ce que nous avions modestement initié.

Voir aussi les travaux d’élèves de Mme Le Goïc autour de la rencontre avec Jón Kalman Stefánsson en novembre 2013.


Interview de Mr Wilfried Besnardeau, professeur de Français au lycée Augustin Fresnel (Caen) :

Depuis combien de temps travaillez-vous avec le festival et qu’est-ce qui vous a donné envie d’en devenir partenaire ?
Je suis arrivé au lycée Fresnel il y a 15 ans et l’une de mes collègues professeur de Français, Mme Cardin-Rollet, travaillait déjà avec ses classes sur des rencontres d’auteurs, avec Les Boréales. J’ai pris en charge la coordination de ce partenariat il y a une douzaine d’années et, notamment grâce à l’amphithéâtre de 200 places, de nombreuses classes sont aujourd’hui concernées. Cette année, par exemple, près de 400 élèves vont pouvoir rencontrer l’auteur islandais Arni Thorarinsson.

Comment avez-vous sensibilisé vos élèves à la culture nordique ?
Avec les élèves de secondes, nous préparons la rencontre par le biais de recherches documentaires sur le pays dont l’auteur est originaire, sous la forme d’un questionnaire (y sont abordés l’histoire, la géographie, la linguistique, la littérature de ce pays : insérer lien vers doc). Nous faisons également des recherches sur l’auteur lui-même. Par deux, les élèves choisissent ensuite un thème plus précis sur le pays en question (ou, éventuellement, sur un autre pays scandinave selon les artistes programmés pendant Les Boréales) et produisent un mini-exposé. Cette année, en plus des exposés sur l’Islande, un groupe travaillera par exemple sur la compagnie circassienne suédoise Cirkus Cirkör. Les professeurs documentalistes leur montrent également le teaser du festival, l’affiche… D’ailleurs, deux élèves vont travailler sur le fonctionnement-même du festival.

Comment les élèves ont-ils vécus les précédentes rencontres avec un auteur ?
Cela compte beaucoup que l’auteur se déplace au lycée. Les élèves ont le sentiment que l’auteur vient pour eux, mais aussi qu’ils font parti de quelque chose d’important, de plus grand qu’eux, dont ils voient les signes dans la ville (affiches, bannières).
Par ailleurs, c’est une formidable porte d’entrée dans la littérature. Les élèves s’imaginent après plus aisément les écrivains à l’image de celui qu’ils ont eu en face d’eux, qui a parfois fait le show… Nous demandons également à l’auteur invité de lire un extrait de son texte en version originale. C’est très intéressant d’entendre la musique d’une langue, même si on ne maîtrise pas cette dernière.

Que pensez-vous que ces rencontres leur ont apporté ?
Ouverture et découverte, y compris sur des choses qui nous paraissent évidentes : par exemple, certains ont découvert qu’en Islande, on parlait islandais, et non anglais…

Voir aussi le questionnaire sur l’Islande élaboré par Mr Besnardeau pour préparer la rencontre avec Steinunn Sigurdardottir en novembre 2013.


Interview de Mme Marine CG, professeure de français au collège André Malraux (Granville) :

De septembre 2015 à juin 2018, le Gimnazjum Janusza Korczaka de Chojna en Pologne, l’école Muusap Atuarfia à Uummannaq au Groenland et le collège Malraux de Granville, mèneront des activités pédagogiques interdépendantes, pour une intrication déjà initiée par les échanges préparatoires, mais qui reste à construire dans la durée. Enseignante référente de ce projet Erasmus+ intitulé La nature est notre force au collège André Malraux, Marine CG confirme l’ambition de la collaboration La nature est notre force qui est de tisser des liens entre trois communautés éducatives dans une perspective d’éducation au développement durable.

Depuis combien de temps travaillez-vous avec le festival ? Qu’est-ce qui vous a donné envie d’en devenir partenaire ?
C’est la première année que nous travaillons avec le festival. Avec le projet Erasmus+ validé en septembre 2015, il était évident que la programmation granvillaise de novembre 2015  » Spécial Groenland » était pain béni pour nous : la culture d’un de nos partenaires venait à domicile, avec des expériences bien réelles pour nos élèves et non médiatisées par le net. Même si les auteurs programmés n’étaient pas eux-mêmes groenlandais, il s’agissait uniquement de personnes ayant personnellement côtoyé ce pays et ses habitants.

Les élèves sont-ils familiers avec la culture nordique ?
Les élèves qui ont été associés au projet Erasmus+ sont déjà un tout petit peu sensibilisés à la culture des pays nordiques. En octobre deux jeunes groenlandaises sont venues au collège et deux élèves du collège André Malraux, tirés au sort, vont avoir la chance cette année de partir à la découverte du Groenland.

Grâce au comité de jumelage Granville-Uummannaq dont vous faites également partie, beaucoup d’événements autour du Groenland se sont déroulés dans votre ville. Comment avez-vous travaillé avec vos élèves ?
Professeure de lettres pour une classe de 5e, j’ai décidé de profiter de ces événements, d’exploiter la programmation, pour travailler sur le récit d’aventure: conjuguer le programme de 5ème et les astreintes institutionnelles avec les opportunités du moment dans la ville. Entre les expositions, les projections et les ateliers scientifiques prévus au mois de novembre, tout était réuni pour que les élèves puissent découvrir le Groenland, à moindre coûts et à deux pas du collège. Surtout, et c’est notre objectif prioritaire, la programmation permettait de sensibiliser à une culture hors norme, à des faits attestés (ateliers scientifiques sur les glaces, film documentaire Thulé-Tuvalu), dans une perspective d’éducation au développement durable. Pour ce qui est du travail en cours de français, il a consisté et à rendre compte des différentes sorties scolaires et à un exercice d’écriture de fiction. Il s’agissait en fin de parcours d’imaginer un récit à la première personne, dans lequel un voyageur en terre groenlandaise raconte  une rencontre avec un animal sauvage de la faune locale.
Avec les événements du 13 novembre, seuls les ateliers scientifiques, la rencontre avec Daphné Victor autour de Paul-Emile Victor et la projection de Thulé-Tuvalu ont pu être maintenus. Heureusement des ressources en ligne et d’anciens cadeaux de nos partenaires groenlandais ont permis d’enrichir l’approche « amputée ».

Pensez-vous que les rencontres, ateliers dans le cadre des Boréales et du programme Erasmus+, changent leurs rapports aux pays nordiques ?
… à voir… Il est peut-être trop tôt pour le mesurer. Ce qui est certain c’est que la queue rouge de la baleine sur l’affiche 2015 a attiré les regards dans les murs de notre collège. Elle reste joliment dressée au milieu des glaces… et dans une des salles de cours.

Savez-vous si les élèves participent aux Boréales au-delà de ce qui se passe au collège ?
Nous savons que quelques rares élèves sont allés voir les expositions qu’ils n’ont pas pu visiter avec l’école mais très peu.

Voir aussi les fiches-élèves élaborées par Marine CG pour préparer les différentes sorties scolaires de l’édition 2015.


 

 

Ce projet est soutenu par la Direction Régionale des Affaires Culturelles de Basse-Normandie.