Naja Marie Aidt

Née en 1963 au Groenland, Naja Marie Aidt est une des écrivaines danoises les plus reconnues de sa génération. Elle a fait ses débuts en 1991 avec un recueil de poèmes, et plusieurs autres ont suivi, parfois écrits à quatre mains.

Quelques-uns de ses poèmes figurent dans l’anthologie bilingue Trois poètes danois parue aux éditions du Murmure dans une traduction de Christine Berlioz et Laila Flink Thullesen.

Elle a écrit aussi plusieurs recueils de nouvelles, genre qu’elle affectionne particulièrement, ainsi que des pièces de théâtre et radiophoniques, des livres pour enfants.

Son travail, tant dans le domaine poétique que dans celui de la prose, est souvent une évocation de la vie quotidienne — de sa tension, de la perte de contrôle de soi et de son environnement, du basculement possible alors dans le chaos — et des expériences que l’homme et la femme font dans le monde.

En 2015, Naja Marie Aidt a été frappée par une terrible tragédie personnelle. Si la mort t’a pris quelque chose rends-le. Le livre de Carl, le livre qu’elle a pu écrire ensuite, est paru au Danemark en 2017.

 

Si la mort t’a pris quelque chose rends-le. Le livre de Carl, Éditions do, 2020

Trad. du danois par Jean-Baptiste Coursaud

« J’ai embrassé ta main et ta main était froide, si froide que le froid s’est insinué dans mon visage, dans ma tête, dans mon crâne. Il n’y a rien de plus froid dans le monde. Pas la glace, pas la neige. Aucune peur, aucune angoisse, aucune peine de cœur aussi froide que ta main ; ta main, que j’embrassais avec ma bouche vivante et chaude. »

En mars 2015, Naja Marie Aidt a perdu son fils de vingt-cinq ans, Carl, dans un tragique accident. Le livre qu’elle a écrit fait la chronique des premières années qui ont suivi cet appel téléphonique qui l’a dévastée en tant que mère et en tant que femme.

C’est à la fois un récit sobre de la vie après la perte d’un enfant — la façon dont le chagrin change le rapport à la réalité, aux proches, au temps — et une exploration de la puissance de la langue et de la littérature, à partir de nombreux textes qui évoquent le deuil, la perte et l’amour.

Si la mort t’a pris quelque chose rends-le. Le livre de Carl, Éditions do, 2020

 » Indé­pen­dam­ment de son aspect frag­men­taire (ren­forcé par la typo­gra­phie qui uti­lise différentes polices et plu­sieurs styles), le récit offre une cohé­rence par­faite, même si le lecteur ne la per­çoit pas dès les pre­mières pages. De fait, elle se des­sine pro­gres­si­ve­ment, entre autres à l’aide d’un pro­cédé très judi­cieux qui consiste à reprendre par étapes, en répé­tant chaque fois la der­nière, le récit de la soi­rée où la mort de Carl est annon­cée par télé­phone, et des lendemains. » – Agathe de Lastyns, lelitteraire.com