Björn Larsson

RENCONTRE LITTERAIRE LE 22 NOV à 14h00
avec Björn Larsson et Mo Malø :
Nord/Sud, géographie des contraires

Björn Larsson est un écrivain suédois et professeur de littérature française à l’université de Lund en Suède. Il a vécu aux États-Unis, en France et en Irlande, dont six ans à bord d’un bateau à voile, le Rustica. Navigateur chevronné, il a parcouru les mers du Nord de l’Ecosse à l’Irlande, du pays de Galles à la Bretagne et à la Galice.

Björn Larsson est aussi traducteur du danois, de l’anglais et du français, philologue et critique. Il a débuté comme écrivain en 1980, en publiant un recueil de récits, et a fait éditer son premier roman en 1992.

Le Capitaine des rêves, paru en 1999, lui a valu le prix Médicis étranger. Parcourue par les thèmes de la mer et du voyage, son œuvre éclectique révèle une justesse et une finesse d’esprit remarquables.

Le choix de Martin Brenner, Grasset 2020.
Trad. du suédois par Hélène Hervieu

À la mort de sa mère Maria, Martin Brenner ressent certes de la douleur mais s’interroge aussi : il ne s’est jamais vraiment senti très proche d’elle. Il procède à la dispersion des cendres en suivant ses dernières volontés, met sa maison en vente, puis il compte reprendre le cours de sa vie, entouré par son épouse Cristina et sa fille Sara. Brenner est généticien et directeur d’un laboratoire, un homme discret et plutôt solitaire. Il s’estime heureux dans la vie.

Mais lorsqu’un avocat l’appelle pour lui annoncer que sa mère était juive et survivante des camps, sa vie prend un tournant imprévu. Petit à petit, les révélations contenues dans une lettre laissée par sa mère et les informations que lui fournissent l’avocat et le rabbin de la ville où il habite le poussent à faire des recherches sur l’identité juive. Il croise ses lectures personnelles sur le sujet avec les recherches en génétique qu’il mène – touchant à la question de l’appartenance religieuse et ethnique, vue par la science. Il décide de n’en parler à personne – pas même à son épouse – avant de parvenir à une décision quant à sa judéité : il refuse l’idée qu’il doive assumer le fait d’être juif seulement parce que sa mère l’avait été. Mais lors d’un colloque scientifique à Montréal, il est pris à parti dans un débat et alors qu’on l’accuse d’antisémitisme, il révèle sa judéité… Le piège s’est renfermé sur lui, et le château de cartes qu’était devenu sa vie s’effondre : sa femme Cristina, ignorant tout de sa réflexion, se sent trahie, puis quand lui et sa fille deviennent la cible d’ignobles attaques antisémites, son épouse le quitte. Il perd son travail, son meilleur ami se détourne de lui, seul le rabbin Golder maintient le contact. Il fait alors appel à un écrivain célèbre et lui demande de raconter son histoire…

Le choix de Martin Brenner nous fait vivre de l’intérieur la descente aux enfers d’un homme aux prises avec la question identitaire. Le roman nous propose ainsi une interrogation sur le libre-arbitre. Comment savoir qui nous voulons être dans notre vie intime et aux yeux de la société ? Comment rester libre dans ce choix ?

Le Cercle Celtique, Denoel, 1995. Trad. du suédois par Christine Hammarstrand (Folio  1998, 2014)

Long John Silver, Grasset 1998. Trad. du suédois par Philippe Bouquet (Livre de Poche, 2001)

Le Capitaine et les rêves, Grasset 1999. Trad. du suédois par Philippe Bouquet (Livre de Poche, 2002)

Le mauvaise œil, Grasset, 2001. Trad. du suédois par Philippe Bouquet (Livre de Poche, 2005)

La sagesse de la mer. Du Cap de la colère du Bout du monde, Grasset 2002. Trad. du suédois par Philippe Bouquet (Livre de Poche, 2005)

La véritable histoire d’Inga Andersson, Grasset,  2004. Trad. du suédois par Philippe Bouquet (Livre de Poche, 2006)

Besoin de liberté, Seuil, 2006

Huit nouvelles – Collectif, Calmann-Levy, 2008

Le rêve du philologue. Nouvelles joie de la découverte, Grasset, 2009. Trad. du suédois par Philippe Bouquet

Les poètes morts n’écrivent pas de romans policiers, Grasset, 2012. Trad. du suédois par Philippe Bouquet (Livre de Poche, 2015)

La dernière aventure de Long John Silver, Grasset, 2014. Trad. de l’italien par Camille Paul.

Le choix de Martin Brenner, Grasset, 2020. Trad. du suédois par Hélène Hervieu